L’histoire de la Medina d’Essaouira…

Notre 2ème article consacré à la Médina d’Essaouira qui abrite le Riad Emotion

Achevée dès le XIXe siècle et nettement délimitée par son rempart, la médina d’Essaouira possède tous les éléments essentiels à son intégrité. Constituant un tout homogène associant des atouts naturels (archipel de Mogador) et des biens culturels de grande qualité, la cité garde encore aujourd’hui son intégrité et son cachet originel. Bien que son intégrité ait été un peu altérée, notamment en raison de la dégradation du bâti dans le quartier du Mellah, le degré de perte ne compromet pas la signification du bien dans son ensemble.

L’état de conservation de la médina d’Essaouira ne cesse de s’améliorer grâce aux efforts des autorités locales et à la vigilance des services directement concernés par sa protection et sa mise en valeur.

Fondée au milieu du XVIIIe siècle, la médina d’Essaouira a conservé en grande partie son authenticité tant au niveau de la conception et des formes qu’au niveau des matériaux (utilisation de la pierre de taille locale dite manjour) et des modes de construction, et ce en dépit de quelques utilisations inadéquates de matériaux modernes pour des réparations et des reconstructions. Malgré l’action de la houle côté mer et de l’humidité partout ailleurs, les fortifications et le tissu urbain conservent, dans l’ensemble, leur configuration d’origine.

Les mesures de protection relèvent essentiellement des différentes lois de classement des monuments historiques et des sites, particulièrement la loi 22-80 relative au patrimoine marocain. La propriété des éléments constituant la ville historique d’Essaouira est répartie entre l’État, la municipalité, les Habous, l’Alliance israélite, des coopératives et des particuliers. Le plan d’urbanisme n° 4001 de 1988 prévoit autour de la ville historique une zone tampon où la construction est interdite. Deux mesures de protection et de gestion significatives sont entrées dans les dernières phases d’application. Il s’agit du schéma directeur d’aménagement urbain de la ville d’Essaouira et du plan de sauvegarde de la médina.

La population locale, les pouvoirs publics et l’espace associatif sont de plus en plus sensibles à la Valeur universelle exceptionnelle de la médina. L’Agence Urbaine d’Essaouira fut créée pour assurer une meilleure maîtrise de l’urbanisation de la ville en général et de la médina en particulier. Celle-ci doit permettre, en parallèle avec les autres départements et services ministériels, de planifier et de coordonner les efforts et de suivre le déroulement et la réalisation des chantiers entamés ou projetés. En attendant la mise en place d’un plan de gestion de la médina qui devrait permettre de concilier la sauvegarde du patrimoine architectural et l’amélioration des conditions de vie de la population locale, les services concernés par la protection et la sauvegarde du bien doivent veiller à l’application du plan d’aménagement de la médina et de l’ensemble de la ville d’Essaouira.

Pendant le règne de Sidi Mohamed ben Abdallah, Mogador joue un rôle commercial et fiscal non négligeable. Afin de contrôler le commerce maritime, le Sultan ferme la côte sud aux marchands européens, obligeant ainsi les consulats européens de Safi, Agadir et Rabat à s’installer à Mogador, lieu de concentration de toutes les activités marchandes du sud du pays. Le nouveau port devient l’un des principaux ports du pays et, pour être le lieu de destination des caravanes apportant d’Afrique noire toute une variété de chargements (notamment des esclaves), il est baptisé  » port de Tombouctou « .

La ville est alors répartie en trois quartiers distincts. La Kasbah comprend le vieux quartier administratif. La Médina est construite entre le XVIIIe siècle et le début du XXe siècle. Elle est traversée par deux axes principaux, l’un reliant Bab Doukkala au port et l’autre partant de Bab Marrakech pour rejoindre la mer. À leur intersection, ou Souk Jdid, sont alors installés quatre marchés respectivement consacrés au poisson, aux épices, aux céréales et à l’alimentation générale. Chaque district porte le nom des tribus impliquées dans l’édification de la ville.

Le Mellah, quartier juif, joua un rôle important dans l’histoire de la ville car le Sultan utilisa la communauté juive pour établir des relations avec l’Europe et organiser des activités commerciales. Les Juifs furent honorés du titre de Toujjar Es- Sultan (Marchands royaux), ce qui leur conféra des privilèges économiques et politiques considérables…

2 réflexions sur “L’histoire de la Medina d’Essaouira…

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